Hackafrica 2018 : pour une solution numérique aux défis économiques africains

 

Par Léonard Colomba-Petteng.

Qu’est ce qu’un “Hackathon” ? Formé à partir des mots “hack” et “marathon”, un hackathon est un événement réunissant des profils divers partageant la passion des outils numériques et souhaitant oeuvrer à la recherche de solutions digitales à un problème donné. Les participants ne disposent pour cela que de quelques heures (jusqu’à 72h). Baptiste Gaultier, étudiant au sein du programme Europe-Afrique de Sciences Po Paris, nous explique le projet de Hackathon auquel il contribue, résolument tourné vers les problématiques du continent africain. Baptisé “Hackafrica”, l’événement se déroulera les 13-14-15 avril 2018 à Paris.

Pourriez-vous nous en dire plus sur vous-même et sur “Hackafrica”?

Baptiste Gaultier : Je m’appelle Baptiste Gaultier et avec mon frère jumeau, Augustin, nous avons co-fondé l’association “Hackfrica” en septembre 2017. Nous sommes nés au Bénin mais avons suivi notre scolarité en France. Au terme de notre année en classe de Première économique et sociale, nous avons chacun réalisé une année sabbatique avec le programme Rotary Youth Exchange. Augustin est parti en Inde et moi à Taïwan. De retour en France nous avons fini notre lycée à Saint-Germain-en-Laye avant d’intégrer le programme Europe-Afrique de Sciences Po.

Les membres de l’association Hackafrica ont tous des parcours très hétéroclites mais partagent un attrait pour le continent africain et un certain goût pour l’innovation. La majorité sont en première année du programme Europe-Afrique. L’association compte à ce jour une vingtaine de membres actifs. Certains ont toujours habité en France, d’autres résidaient jusqu’à très récemment en Afrique ou aux États-Unis. Le fait que nous soyons investis dans plusieurs actions en parallèles (le hackathon, conférences, etc) a eu pour conséquence de responsabiliser l’ensemble de l’équipe très rapidement. Étant donné que notre projet nécessite des interférences régulières avec le monde professionnel, nous nous sommes structuré en association loi 1901 dès la genèse du projet. Hackfrica est donc une association dont l’objet est de promouvoir l’entrepreneuriat numérique en Afrique Subsaharienne.

Comment l’idée d’organiser un hackathon vous est-elle venue ?

Baptiste Gaultier : Pour les néophytes, un hackathon est une compétition d’innovation numérique rassemblant pendant 24 heures des codeurs, pour qui l’objectif est de répondre à une problématique donnée. Ces compétitions sont souvent organisées en interne par les entreprises afin de stimuler leur recherche et développement.

Notre événement le plus important consiste à organiser un hackathon les 13, 14 et 15 avril 2018 qui aura lieu à Paris, au sein de l’incubateur The School Lab. Le thème que nous avons choisi est la sous-bancarisation du secteur informel. Le sujet plus précis sera annoncé quelques jours avant le début de l’événement… Nous croyons aux vertus de la pluridisciplinarité et du travail en équipe. De ce fait nous nous employons à réunir à la fois des étudiants en informatique, en école de commerce, en sciences politiques, mais aussi des ingénieurs. Notre objectif est de réunir 80 participants. Dès le 14 avril, une soirée permettra de former les équipes et de remercier nos partenaires. La compétition débutera le lendemain matin et se terminera le 15 en fin d’après midi. Le lieu sera ouvert 24h/24. Les équipes seront évaluées à la suite d’un pitch délivré devant le jury. La pluridisciplinarité est également de mise pour le jury dont les membres seront dévoilés au fur et à mesure. Je peux d’ores et déjà vous annoncer que l’équipe gagnante aura la possibilité d’être incubée pendant six mois à The School Lab ! Nous sommes toujours en négociation des second et troisième prix, qui devraient être du même acabit.

Je crois qu’avant d’avoir l’idée d’organiser le hackathon il y avait de toute façon une volonté de notre part d’être acteurs du changement que peut connaître l’Afrique aujourd’hui. Notre humilité nous a rapidement poussés à ne pas prétendre changer les choses, mais plutôt à nous appuyer sur ce qui existe déjà pour initier et éventuellement créer des solutions. Un jour mon frère, Augustin Gaultier, m’a parlé d’une vidéo qu’il avait visionné sur Facebook : l’after-movie d’un hackathon. De fil en aiguille nous sommes parvenus à l’idée d’organiser un hackathon résolument orienté vers le continent africain.

Quelles ont été les étapes de l’organisation du Hackafrica ?

Baptiste Gaultier : Nous avons également organisé des séances d’initiation au coding, et projetons d’organiser la création d’un fablab éphémère. Au mois de novembre, nous avons gagné le Prix du vivre ensemble de la fondation RATP, d’une valeur de 4000 euros. Initialement nous souhaitions organiser le hackathon sur le campus de Reims mais les retours que nous avons eu nous ont poussés à nous délocaliser à Paris. Grâce à l’association We Start, nous avons eu l’opportunité d’entrer en contact avec The School Lab. Nous avons également été reçus avec beaucoup de gentillesse par les membres de l’OHADA qui nous ont apporté une aide précieuse. L’incubateur qui nous héberge nous a permis d’entrer en contact avec l’entreprise de télécommunications Orange, qui nous prêtera du matériel le temps de l’événement dans le but d’avoir des projets toujours plus concrets. Enfin très récemment nous avons séduit la Société Générale qui nous a accordé une nouvelle subvention. Au fond tout l’objet de ces partenariats est de rendre l’expérience encore plus crédible. Si au début nous nous orientions vers une sorte d’initiation, les retours que nous avons eu nous ont convaincus qu’il y avait véritablement quelque chose à faire. Ce qui est particulièrement difficile, c’est de toujours arbitrer entre l’humilité sur nos propres compétences et expériences tout en gardant une ambition qui nous permet de dépasser les obstacles.

Quelles sont les autres activités de votre association ?

Baptiste Gaultier : Nous organisons un certains nombre d’activités sur le campus de Reims. Nous avons accueilli Samir Abdelkrim il y a quelques semaines, qui nous a parlé des enjeux que représentent l’entrepreneuriat et le numérique pour le continent. Nous nous préparons à accueillir pour une conférence Maître Alain Fénéon, avocat honoraire du barreau de Paris, et Maître Mamadou Ismaila Konate, ministre de la justice du Mali jusqu’en décembre 2017, qui nous parlerons de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA).

Quels sont vos objectifs concernant l’organisation de cet événement ?

Baptiste Gaultier : Les objectifs à court terme sont de mener à bien l’organisation de notre hackathon. J’encourage tous ceux qui le souhaitent à s’inscrire sur notre site. Si nous nous attendons à davantage d’étudiants en master, nous ne mettons pas de limite à la volonté des participants. Pour 20 euros ils bénéficieront de l’ensemble des repas. Nous souhaitons également renforcer notre présence sur le campus en renouvelant l’expérience des cours de coding mais en y conviant cette fois des collégiens des « Cordées de la réussite ». Comme j’ai pu le dire précédemment nous réfléchissons à la création d’un fablab éphémère, où les étudiants pourraient venir concrétiser les idées qui leurs passent par la tête, à l’aide d’imprimantes 3D et d’initiations aux outils Arduino et Raspberry Pi.

Sur le long terme, nous souhaitons apporter une aide plus concrète aux entrepreneurs africains qui peinent souvent à se lancer, faute de financement. Nous souhaiterions notamment agir au niveau des fonds d’amorçage, qui sont les financements nécessaire à la concrétisation des idées. En bref, l’aventure Hackfrica ne fait que commencer !

Inscrivez-vous au Hackafrica 2018 : https://hackfrica.tech/product/inscription-hackathon/

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