Par Maïlys DIOGO

 

 

Photo 1: MONA, Hip Hop artist, Hassan Hajjaj, Marrakech, 2019.

Photo 2: My rock stars experimental, Hassan Hajjan, 2019.

Si vous avez récemment pris le métro parisien,de jolies photos colorées ne vous ont sûrement pas échappées. En effet, parmi la multitude d’images, certaines se démarquent tout particulièrement. La Grande Afrique a voulu donner un coup de projecteur sur la fabuleuse exposition de l’artiste maroco- britannique de 58 ans Hassan Hajjaj.

Très influencé par son héritage africain, mais aussi par sa vie londonienne, le photographe et styliste qualifié de “Roi du Pop Art marocain”  est venu exposer son parcours créatif à la croisée des chemins entre sa culture marocaine, le milieu hip-hop, le reggae et le design.

 

Un artiste en vogue

Première de couverture du New York Magazine 2017, portrait de Cardi B, Hassan Hajjaj, 2017. 

La Maison Européenne de la Photographie a laissé le styliste habiller ses murs du 11 septembre au 17 novembre 2019 avec pas moins de 300 tirages. Très connu à l’étranger, nombreuses de ses oeuvres figurent dans de prestigieux musées tel que le Victoria and Albert à Londres. Si son nom ne vous évoque toujours rien,  Hassan Hajjaj est celui dont les photos de la rappeuse Cardi B ont fait la Une du New York Magazine en 2017. 

 

Recycler une boîte de Harissa tout en parodiant la mode 

 

Photo 1: Time Out, Hassan Hajjaj, 2007.

Photo 2: San titre, Hassan Hajjaj, Marrakech, 2000.

L’exposition a été d’une rare créativité aussi bien en termes d’occupation de l’espace ( 3 étages ont été mobilisés) que d’histoire. La composition des cadres photos est d’ailleurs un exemple parlant. En faisant recours à des boites de harissa, des boîtes de sauce tomate ou encore à des canettes Coca Cola et des pneus de motos, Hassan Hajjaj ne manque pas de faire la critique de notre société de consommation. 

En termes de contenu, l’artiste a pour habitude de parodier des photos de mode occidentales en faisant poser des femmes marocaines dans ses propres créations. Il n’ hésite pas à employer de fausses pièces de créateurs connus comme Louis Vuitton ou Chanel. Pour le reste, les tissus et tenues traditionnelles choisis sont essentiellement des djellabas et caftans, mais aussi des imprimés aux couleurs vives.

La technique de prise est intéressante. Le photographe opte pour la contre-plongée, ce qui donne à l’image une présence plus affirmée dans l’espace. Plus encore, parmi les femmes photographiées, nombreuses d’entre elles sont des femmes voilées. En effet, au-delà de l’esthétisme de ses photos, Hassan Hajjaj a souhaité montrer le femme maghrébine en ce qu’elle a de moderne, d’énergique et de puissant.

 

Notre coup de coeur : les Kesh Angels

 

Kesh Angels, série de photos “Kesh Angels”, 2010.

La Grande Afrique a eu un coup de coeur pour la série de photos Kesh Angels représentant des femmes de Marrakech qui posent à moto.

Enfin, pour ceux qui auraient raté l’exposition, il n’est pas trop tard pour aller vous forger votre propre opinion.  La Maison Européenne de la Photographie rebaptisée pour l’occasion Maison Marocaine de la Photographie vous attend jusqu’au 17 novembre 2019. Autrement, vous pourrez consoler votre chagrin en vous rendant sur le compte instagram officiel de Hassan Hajjaj: hassanhajjaj_larache pour apprécier ses quelques 300 publications.

 

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