Black History Month: des avis partagés

Un bref historique

Le Black History Month qui se traduit littéralement par “mois de l’histoire des Noirs” est célébré chaque année au mois de Février. Créé en 1926 par l’historien afro-américain Carter G. Woodson en tant que “Negro History Week”, il s’agissait de coordonner pendant une semaine l’enseignement scolaire et universitaire sur les contributions des afro-américains à l’histoire, à la science et à la culture du pays. Au-delà de pallier l’ignorance et l’occultation d’une partie de l’histoire, ce travail mémoriel devait permettre d’affirmer la fierté d’être noir et permettre plus de considération. Le choix du mois de février est symbolique car il coïncide avec les dates d’anniversaire de plusieurs grandes figures de l’histoire noire dont Abraham Lincoln, surnommé “The Great Emancipator” par certains, George Washington et Frederick Douglass, abolitionniste et fonctionnaire américain né esclave.

C’est cinquante ans après la première semaine dédiée à l’Histoire noire, soit  en 1976, que le Black History Month est officiellement reconnu par le gouvernement américain. Cette commémoration s’est vite étendue dans de nombreux pays occidentaux anglophones tels que le Canada, la Grande Bretagne et l’Irlande et connaît aujourd’hui une résonance toute nouvelle en France et dans plusieurs pays africains. 

 

Quelle pertinence d’une telle initiative?

Le Black History Month connaît, ces dernières années, un développement spectaculaire qui ne va pas sans susciter des débats sur sa pertinence. 

Certains s’opposent à cette commémoration annuelle au motif que la réhabilitation d’une histoire négligée ne doit pas être la condition de fierté d’un groupe.

Plus encore, est pointé du doigt le fait que l’enseignement de la contribution de personnalités noires à l’Histoire ne doit pas être périodique et cantonné à un seul moment de l’année. En effet, il devrait s’agir d’un enseignement permanent qui se traduirait également par une égalité de fait entre personnes noires et blanches dans tous les pans de la vie sociale, politique et économique. Par ailleurs, d’autres estiment que la courte durée du mois de février ajoute un caractère anecdotique à cette célébration. D’ailleurs, Morgan Freeman, célèbre acteur et producteur afro- américain, déclarait ne pas vouloir d’un mois de l’Histoire des Noirs, estimant que l’ histoire des Noirs est l’histoire américaine. En effet, selon lui, consacrer un seul mois à l’histoire de la communauté afro-américaine est ridicule car celle-ci ne doit pas être cantonnée à une trentaine de jours seulement sur le calendrier. 

Enfin, l’une des autres critiques majeures porte sur la marchandisation du Black History Month. Cette commémoration annuelle ne serait-elle pas devenue, dans les faits, une aubaine économique? En effet, au cours de ce mois, livres, tee-shirts, tasses et posters griffés de l’image de personnages afro- américains sont vendus en masse.

 

Des alternatives pour valoriser la diaspora?

Dernièrement, des initiatives plus concrètes essayent de pallier les inégalités d’opportunité et de représentation auxquelles fait face la diaspora africaine, et ce, notamment dans le monde des affaires. Le consommer “black owned business” est sans doute l’une des réponses immédiates et dont l’impact est palpable. Par cette démarche, les afro-descendants entendent constituer un soutien solide pour les entrepreneurs noirs afin de permettre l’essor, voire l’indépendance économique de la communauté, en prenant pour exemple la solidité de la diaspora chinoise dans le monde des affaires. 

Maïlys D. 

 

Sources

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *