Auteur Anonyme

Si certains avaient encore des doutes sur le fait que Macky Sall roule pour les intérêts français, la campagne menée par certains médias français, avec en tête de gondole France 24 et RFI, devrait être largement suffisante pour le montrer. Récemment, sur les plateaux et plateformes de ces deux médias, les titres élogieux envers Macky Sall se sont répétés : il écraserait l’opposition, serait maître du jeu et son bilan économique serait magnifique… Une partialité irréconciliable avec l’éthique supposée du journaliste. Lorsque ce n’est pas l’éloge de Macky Sall, la stratégie des médias français consiste plutôt à insinuer que l’élection d’un tel ou d’un autre candidat conduirait à des risques sécuritaires liés à un extrémisme supposé. L’attitude détestable d’un certain journaliste lors du simulacre de débat sur les élections est bien illustrative de cela.

Encore plus révélateur du soutien de Macky Sall par la France : Robert Bourgi, le « Monsieur Françafrique » de notre époque, digne héritier de Jacques Foccart, soutient Macky Sall et a été aperçu aux premiers rangs lors d’un meeting de Macky à Bignona, dans le sud du pays . Pour rappel : Robert Bourgi est l’une des clés de voûte du réseau Français en Afrique, proche de la famille Bongo et de dictateurs en tous genres, homme de l’ombre, chef d’orchestre de la chute de François Fillon en France… et c’est cet homme là qui soutient le Président de la République ? En wolof, on assimilerait cela “à se promener avec des ossements de nourrissons alors qu’on se fait taxer d’anthropophage” (ñu lay tàm dëmm ngay sòccoo yeelu liir).

Mais comment pourrait-il en être autrement ? Si moi-même j’étais représentant de la France, je serais bien content d’avoir un président comme Macky Sall à la tête du Sénégal, comme Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire ou comme Bongo à la tête du Gabon, voire Déby à la tête du Tchad. La France est en perte de vitesse sur le continent, mais tient beaucoup à ces pays qui historiquement lui ont toujours servi de bases pour étendre sa domination sur le continent africain. La France soutient ses dictateurs et ses médiocres, et ils le lui rendent grassement. Avant Macky Sall, Abdoulaye Wade s’était débarrassé d’une bonne partie de la présence française au Sénégal. L’une des premières mesures de Macky Sall a été de ramener les militaires français. Aujourd’hui Canal contrôle tout le cinéma, le spectacle et la télévision, Auchan étend ses tentacules pour étouffer tout le petit commerce du pays alors que Carrefour s’installe peu à peu, Total, déjà maître, aura la part belle dans le pétrole sénégalais avec les contrats tels qu’ils sont à l’heure actuelle. L‘eau potable n’est désormais plus gérée par la compagnie nationale la Sénégalaise Des Eaux (SDE) mais le groupe français Suez. Les autoroutes sénégalaises sont gérées par Eiffage. La construction du TER a été octroyé à Alstom dans des conditions opaques. Bolloré a remis la main sur le port de Dakar à peine un an après l’élection de Macky Sall… et la liste est malheureusement encore très longue ! En bref, toute l’économie du pays est entre les mains d’entreprises françaises. Et on ose nous parler de croissance!

Sentant que la bête est blessée, on se targue de ses supposés exploits. Le Plan Sénégal Émergent, tantôt décrié par les médias français comme « trop ambitieux », brûlant les étapes, est maintenant considéré comme du génie… Sauf que les chiffres en disent autre chose. Et d’ailleurs, où en est le développement humain au Sénégal ? D’après les rapports du PNUD, le Sénégal était au 154e rang mondial selon l’IDH en 2012. En 2018, il est au 164e rang… Dans le même temps, notre pays a vu les inégalités se creuser entre les riches et les pauvres.

Enfin, le Sénégal, qui était partout vanté pour sa démocratie et la liberté de sa presse, n’a aujourd’hui plus de démocratie que le nom, comme le montre un rapport de l’ONG américaine Freedom House.

Tout compte fait, le schéma est classique : un président d’un pays africain, soutenu par la France, sert cette dernière plus que son propre peuple. Il est plus que jamais temps de réagir, c’est le moins qu’on puisse dire. Ces élections seront déterminantes pour l’avenir du pays ; aux Sénégalais de saisir cette chance.

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