Ken BUGUL, Mame- Fatou NIANG, Alice DIOP et Bintou DEMBELE, photo de l’évènement du Columbia Global Centers. 

 

Par Maïlys DIOGO

🇬🇧(« Des Sénégalaises aux Sénégauloises » [ENG]) 

 

Le 7 octobre 2019, La Grande Afrique s’est rendue au Columbia Global Centers à Paris. A l’ordre du jour : être une artiste sénégalaise en France. 

Le thème de la Table ronde était incisif: « Des sénégalaises aux sénégauloises». Parmi les intervenantes, Mame-Fatou NIANG auteure du film Mariannes Noires, Bintou DEMBELE chorégraphe et directrice artistique, Ken BUGUL écrivaine, Alice DIOP autrice- réalisatrice et Rokhaya DIALLO journaliste française et modératrice de la discussion.

 

Récits de vie

C’est Ken BUGUL dont le pseudonyme signifie en Wolof « celle dont personne ne veut » qui a ouvert la discussion. À travers un court récit de son enfance, l’écrivaine a évoqué sa jeunesse au Sénégal mais aussi son premier contact avec la culture française. Contact qui s’est fait par le biais de l’École coloniale, lieu où elle apprend qu’elle aurait des ancêtres blancs aux yeux bleus. 

Alice DIOP a quant à elle choisi de faire une brève rétrospective de son adolescence en France. Son documentaire Les Sénégalaises et la Sénégauloise réalisé en 2007 serait né de ce qu’elle qualifie de “traumatisme”. Un traumatisme né du silence de ses parents sur la vie qu’ils ont eu avant la France et qui aurait fait d’elle “l’ orpheline d’une histoire qui n’a pas eu lieu”.

 

Perception et diffusion de l’image de la femme noire dans l’espace public

Les deux dernières intervenantes, Bintou DEMBELE et Mame-Fatou NIANG on interrogé la perception et la diffusion de l’image de la femme noire dans l’espace public. 

Pour Mame-Fatou qui s’intéresse à la place des périphéries dans la littérature urbaine, « La petite France» est la France où elle n’apparaît pas. Riche de son expérience en tant qu’étudiante en Louisiane puis en tant que maître de conférence en Pennsylvanie, elle dénonce le fait que pour être noire et passer à la télé il faudrait être américain. 

Dès lors, comment conter son histoire? “Comment même se la raconter?” nous interpelle Bintou DEMBELE. Selon la danseuse, la production afro-féministe est un soin, et ce, spécialement à l’heure où, d’après Alice DIOP: “être une femme noire en France est une expérience qui peut conduire à la folie”.

 

Quels messages?

Les intervenantes ont clos le débat avec des sujets plus récents comme la fameuse question «t’es d’où ?» par laquelle on les interpelle souvent, par le fait qu’être africaine n’est pas une couleur de peau et que “noire n’est pas africaine”, ou encore que bien trop souvent la création africaine passe pour une récréation.

Enfin, se référant aux films Un Prince à New York et Black Panther, Mame-Fatou invite le public à se demander s’il faut toujours être dans le discours de l’exceptionnalisme pour être adoubé [en tant que personne noire].

Nous retiendrons son message particulièrement touchant: « nous sommes des éclats de plein de chose […] nous sommes un peu de tout, et nous sommes tout aussi françaises”.

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